Debugger comme un dieu...

Un des pires scénario (et donc des plus récurrents) dans l'apparition d'un bug est sûrement celui-ci :

Le client vient de nous remonter un bug qui semble ne se produire que sur son environnement de production - donc inaccessible et top-secret - et semble-t-il de manière assez aléatoire. Il faut que tu nous corriges ça au plus vite!

Passées les premières sueurs froides, il apparait que sous cet angle, seule une force divine pourrait vous aider à résoudre ce problème : pouvoir débugger l'application sans point d'arrêt (car elle ne peut pas tourner en mode debug sur l'environnement de prod), sans y avoir accès (puisque l'environnement est protégé) et qui plus est pile au moment où intervient le bug...

Rassurez-vous, vous pouvez maintenant invoquer la toute puissance de Chronos Chronon, un plugin Eclipse se définissant comme "time-traveling debugger".

Présentation

Chronon est disponible en version finale depuis le 25 avril dernier (fin de la bêta). Ses principales fonctionnalités sont assez simples mais révolutionnent les usages du debugger classique, comme le résume justement son fondateur Prashant Deva :

* A 'flight data recorder' for Java programs which can record every line of code executed inside a program and save it to a file on the disk. The file can be shared among developers and played back in our special time travelling debugger to instantly find the root cause of an issue. This also means that no bugs ever need to be reproduced!

* A Time Travelling Debugger, with a novel UI that plugs seamlessly into Eclipse, which allows you to playback the recordings. It not only step back and forward but to any point in the execution of your program.

Dans les détails...

La première étape lors de l'utilisation de Chronon est l'enregistrement du déroulement de l'application. Il est possible d'indiquer les packages à surveiller pour que chaque classe mise en jeu soit instrumentalisée en mémoire afin de pouvoir enregistrer tout ce qui s'y passe, ce qui signifie certes une perte de performance (quoique très bien gérée et limitée), mais surtout que seules ces classes-ci sont surveillées (et non les librairies externes éventuellement appelées). Au final, toutes ces informations sont compressées dans un fichier utilisable sur n'importe quelle machine.

La seconde étape, la plus fun intéressante, est la manipulation de ces enregistrements et le debug étape par étape avec la possibilité de remonter le temps. Voici comment se présente l'interface sous Eclipse :

Comme vous pouvez le voir, l'interface parle d'elle-même : beaucoup d'outils très prometteurs! Et tout ceci est très simple d'utilisation. Par exemple, pour trouver la cause de l'erreur levée, il suffit de cliquer sur la ligne en question dans la vue "Thrown exceptions". On peut donc savoir à quel moment du déroulement du scénario elle est apparue et quelles étaient les valeurs de toutes les variables à cet instant précis :

Et il en va de même pour les sorties dans la console : un simple clic sur une ligne renvoie au code exécuté :

Il est donc possible de naviguer en toute tranquillité dans le code qui a été exécuté afin de trouver à quel moment et pourquoi l'application s'est mal comportée. En effet, contrairement à d'autres debuggers "omniscients" focalisés sur l'état des objets, Chronon se concentre sur la notion de temps et permet de retracer le fil de l'histoire. C'est ce qui en fait un concept novateur voire révolutionnaire dans la façon d'envisager la résolution de bugs. Plus de pertes de temps à essayer de le reproduire sur place ou à l'aide de toute une batterie de tests/données créés pour l'occasion. Les équipes peuvent même se transmettre les enregistrements et enquêter indépendamment.

... Et bien plus encore...

Chronon recèle encore bien plus de fonctionnalités toutes plus attirantes les unes que les autres. En vrac :

  • L'enregistrement peut être stoppé/redémarré à tout moment pendant l'exécution de l'application
  • Prévu pour pouvoir supporter des enregistrements sur plusieurs heures, jours...
  • Mise en place d'un serveur d'enregistrement capable de gérer et d'être géré par plusieurs clients
  • Création de logs post-execution (l'explication du fondateur vaut toutes les autres) :
    Since Chronon records the entire execution of your program and we have this very powerful 'query' engine on top of it, we know the exact state of your program at all points in time. We even know exactly which statements were executed and in which order they were executed.

    If you combine those two facts, the order of execution of each statement and the knowledge of program state at all times, you will see that what we are essentially doing can be generalized as a form of a database query. A very complex and custom query but a query nonetheless.
  • ...

Pour conclure, on peut sans hésiter affirmer que Chronon est l'outil à connaître pour enfin avoir la main-mise sur une application et son comportement dans le temps (Marty et Doc' vont pouvoir remiser leur Doloréane!)

Sources


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Un nouveau magazine pour les hommes...

... et les femmes qui désirent être toujours plus à l'affût des dernières nouveautés de la communauté Java : Oracle Java Magazine.

Tout fraîchement sortit des éditions Oracle, ce bi-mensuel a été créé "par et pour la communauté". Le premier numéro est déjà très prometteur : belle présentation, contenu clair, précis et pertinent. On notera la participation des grands noms des différents projets et de quelques Java Champions.

Un must-have donc à ne pas rater pour être toujours plus aware! Bonne lecture!!


P.S.: Oui un petit titre racoleur de temps en temps ça ne fait pas de mal...


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Du nouveau pour le projet Code Recommenders

Un petit peu de promotion pour le projet sur lequel je travaille quelque peu aux cotés de Marcel Bruch. Sur le blog officiel sont présentées les nouveautés : refactoring de l'ordonnancement des méthodes et auto-completion "intelligente" (fonctionnalité à laquelle j'ai contribué).

N'hésitez pas à commenter, apporter des idées, dénigrer, louer... Enfin donner votre avis!


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Intégrer Mantis à Eclipse grâce à Mylyn

Eclipse devient un environnement de développement -de plus en plus- intégré. Il est clair que depuis longtemps maintenant, le but de la fondation est de créer un outil capable d'être utilisé dans toutes les étapes de l'ALM (Application Lifecycle Management). Exemples :

  • Modeling : UML avec Papyrus
  • Configuration Management : SVN avec Subclipse
  • Build management : Maven avec m2eclipse
  • Software Testing : Test unitaires avec le support de JUnit et fonctionnels avec Jubula/SWTBot
  • Release Management : Maven avec m2eclipse
  • Workflow : implémentations avec MWE

Mais cette liste peut encore être complétée par la prise en compte de "Change Management" et "Issue Management" grâce à Mylyn. En effet, ce projet a pour but d'ajouter à Eclipse la capacité de gérer de manière plus approfondie les changements réalisés sur un projet, en s'interfaçant avec les outils les plus courants dans ce domaine : Jira, Mantis... Il est intégré de base dans la majorité des distributions.

Cet article a donc pour but de présenter Mylyn et tente de montrer comment être plus efficace avec sa nouvelle manière de gérer les tickets Mantis.

Tout d'abord, à quoi sert Mylyn? Sa vocation principale est d'apporter une nouvelle façon de traiter les modifications : au sein de l'IDE, un ticket est représenté sous la forme d'une tâche, planifiable dans le temps (l'avancement du travail effectué est donc matérialisé) mais aussi contextualisable (il est possible de lier directement des modifications de code à un ticket). L'IDE est en lien direct et permanent avec le serveur Mantis afin de récupérer toutes les anomalies saisies et de les mettre à jour sans avoir à ouvrir un navigateur. La présentation complète des fonctionnalités est disponible sur cette page.

Voyons donc, avec un exemple, comment traiter un ticket uniquement depuis Eclipse.

Tout commence par la configuration de l'accès au serveur. Dans la vue "Task Repositories", il faut créer un nouveau serveur :

Mantis fournit par défaut un webservice SOAP utilisable pour interagir avec ses données, généralement à l'adresse "http:///api/soap/mantisconnect.php". Il faut donc indiquer à Mylyn l'adresse de ce webservice pour se connecter :

Le serveur apparaît alors dans la vue. Pendant la configuration, Mylyn a récupéré la liste des projets et des utilisateurs créés dans Mantis. Il est donc possible de récupérer les tickets en indiquant la requête à utiliser, autrement dit le filtre enregistré sur le serveur. Par exemple, j'ai créé un filtre dans Mantis pour ne voir que les tickets qui me sont affectés, appelé "All Mine" :

Dans Eclipse, il faut indiquer la requête à utiliser pour télécharger les tickets, avec la fonction "New Query" :

Après avoir sélectionné le projet, il est possible de choisir le filtre "All Mine" :

Pour finaliser la récupération des tâches, il faut se rendre dans la vue "Task List" et synchroniser avec le serveur :

On peut donc voir les tickets rapatriés sous forme de tâches, comprenant l'ensemble des informations saisie sous Mantis. A partir de ce moment, la tâche est consultable hors-ligne et modifiable à volonté. Il est par la suite possible de mettre à jour Mantis avec le bouton "Submit" dans l'éditeur :

Voyons donc comment traiter le bug illustré ici et contextualiser dans Mantis la tâche avec le code mis en jeu au moment du commit. Tout d'abord, il possible de planifier la réalisation dans le temps afin de connaitre le travail effectué dans la journée. Pour ceci, il est possible de définir la date attendue et le temps nécessaire estimé pour la réalisation :

La progression sera ainsi visible en survolant la catégorie regroupant les tâches :

Afin de lier le contexte à la tâche, il faut d'abord l'activer, autrement dit indiquer qu'elle est la tâche courante (point gris à gauche de la tâche sur l'image plus haut). Dès lors, de nouvelles actions sont disponibles comme l'accès direct au code depuis la description de la tâche, grâce à la trace de l'exception :

Ensuite, une fois la correction effectuée, c'est lors de la synchronisation avec le serveur SVN (avant le commit) que l'on indique le contexte (série de modifications) de la tâche courante :

Ainsi, dans l'éditeur de la tâche, sous l'onglet "Context", apparaissent désormais les classes mises en jeu :

Revenons maintenant au commit. Mylyn ajoute par défaut dans le commentaire la référence au Mantis de la tâche. Il est vivement conseillé de conserver au moins ces informations dans le commentaire, nous verrons par la suite pourquoi :

Il faut maintenant mettre à jour le ticket Mantis pour indiquer sa résolution. Pour cela, il suffit de modifier les champs de la section "Action" dans l'éditeur de la tâche et soumettre au serveur :

La mise à jour terminée, la progression du travail est actualisée et le bug est maintenant clos dans Mantis :

Un fichier ZIP a été lié, contenant les informations nécessaires à Mylyn pour récupérer le contexte de la tâche dans l'IDE si nécessaire. A propos de contexte, qu'est devenu le commentaire si important lors du commit? Pour le savoir, il faut éditer la classe qui a été modifiée puis afficher les annotations serveur grâce à "Team"->"Show annotation" :

Affichées en mod "diff", il est possible de voir le commentaire spécifié lors du commit qui a modifié la ligne en question, et donc de retrouver directement le lien vers le ticket Mantis traité :

Comme on peut le voir, le traitement des bugs devient donc bien plus pratique et pragmatique avec Mylyn : le déroulement des corrections se fait entièrement depuis l'IDE, sans avoir à manipuler un navigateur externe (il est même possible de pousser le vice l'outil jusqu'à ouvrir les tickets Mantis correspondants aux tâches dans le navigateur intégré d'Eclipse...).

Il existe encore bien d'autres possibilités d'utilisation, mais j'espère que cette présentation aura éveillé les curiosités!

Sources :


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Précisions sur le support de Java 7 sous Eclipse

Voici quelques nouvelles pistes pour les plus pressés de découvrir et tester les nouveautés du langage :

La dernière version de l'IDE, Indigo (3.7), ne gérant pas encore le compileur de Java 7, il faudra attendre le mois de septembre et les builds d'intégration de la version 3.7.1 pour trouver les premiers supports, officiellement intégrés dans la version suivante 3.8M1 (nommée Juno, téléchargeable ici).

Il est d'ores et déjà possible d'avoir un aperçu de l'intégration du nouveau compileur, grâce à quelques images dévoilées pour la version 3.8 de JDT et à cette vidéo de démonstration "live".

On your marks... ready... compile!


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